App Technique

Applications mobiles pour entreprises : le test rentable

Okan CelikFondateur de Minyzia Agency21 octobre 202615 min de lecture
Applications mobiles pour entreprises : le test rentable

Les applications mobiles pour entreprises ont un problème d'image : tout le monde en parle comme d'un passage obligé, et la plupart de celles qui sortent finissent oubliées au fond d'un téléphone, entre l'appli de la mairie et celle du parking. Vous avez peut-être un devis sous le coude. Ou juste l'intuition qu'il « faudrait une appli ». Avant de signer quoi que ce soit, il y a une question plus utile que « combien ça coûte » : qui va l'ouvrir, et combien de fois par mois ?

Réponse courte : une application mobile pour entreprise est rentable dans deux cas précis. Soit vos clients reviennent souvent (au moins une fois par mois) et l'app leur fait gagner du temps, soit vos équipes sur le terrain l'utilisent tous les jours à la place du papier. En dehors de ces deux cas, un bon site mobile fait le même travail pour beaucoup moins cher.

Au sommaire

Vous hésitez entre une appli, un site ou rien du tout ?

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Applications mobiles pour entreprises : deux familles que tout le monde mélange {#familles}

Quand un dirigeant nous dit « je veux une application », il parle presque toujours d'une app pour ses clients, avec une icône sur l'écran d'accueil, son logo dedans et des notifications qui partent le vendredi pour annoncer la promo du week-end. C'est la partie visible. Et c'est souvent la moins rentable.

L'autre famille, on en parle beaucoup moins sur les blogs (elle fait moins rêver) : l'application métier, celle que vos propres équipes utilisent. Bons d'intervention signés sur l'écran, photos de chantier rattachées au dossier client, relevés de stock, planning des tournées, pointage. Aucun glamour. Vos techniciens l'ouvrent dix fois par jour parce que c'est leur outil de travail.

Le truc c'est que les deux n'obéissent pas du tout à la même logique économique :

App pour vos clients App pour vos équipes
Qui l'installe Des gens qui ne vous doivent rien Des salariés à qui vous la fournissez
Ce qui la rend rentable L'usage répété et la fidélité Le temps de ressaisie supprimé
Le risque principal Personne ne la télécharge Une app mal pensée que l'équipe contourne
Ce qu'il faut mesurer Utilisateurs actifs par mois Heures gagnées par semaine
Publication sur les stores Obligatoire Pas forcément (distribution privée possible)

D'expérience, la question « quelle famille ? » règle la moitié des projets avant même de parler technique.

Le test de fréquence : vos clients ouvriraient-ils l'app une fois par mois ? {#frequence}

Voilà le filtre qu'on applique en premier. Du bon sens chiffré, rien de plus.

Une application installée prend de la place. Elle envoie des notifications, réclame des mises à jour, demande des autorisations, et le client ne la garde que si elle lui rend service régulièrement, pas une fois tous les six mois. Sinon, elle saute au prochain ménage de printemps du téléphone. C'est aussi simple que ça.

Prenons trois cas de figure en Île-de-France.

Cas typique n°1 : une boulangerie à Vincennes. Une partie de la clientèle passe tous les jours, parfois deux fois. Commande du pain du dimanche, carte de fidélité, précommande des galettes en janvier. La fréquence est là, clairement. Sauf qu'une carte de fidélité dématérialisée dans le portefeuille du téléphone et une page de précommande bien faite couvrent 90 % du besoin. L'app dédiée devient un luxe, pas une nécessité.

Cas typique n°2 : une entreprise de rénovation à Saint-Maur-des-Fossés. Un client refait sa salle de bains une fois tous les quinze ou vingt ans. Il va installer une application pour ça ? Non. Ce qui fait venir ce client-là, c'est d'être trouvé au moment où il cherche, donc un site rapide, une fiche d'établissement soignée et des avis. Spoiler : l'argent d'une app client serait bien mieux placé dans une refonte de site internet chiffrée au plus juste.

Cas typique n°3 : un chauffagiste en Essonne avec quatre techniciens. Chacun fait cinq interventions par jour. Chaque bon papier repart au bureau le soir, où quelqu'un le ressaisit en 15 min environ, le temps de récupérer les photos envoyées par texto, de déchiffrer une signature illisible et de retrouver la bonne fiche client dans le logiciel. Faites le calcul : 4 × 5 × 15 minutes, ça fait cinq heures par jour de ressaisie. Une demi-secrétaire, à temps plein, qui recopie. Là, une application métier se rembourse. Et vite.

Vous voyez le motif ? La bonne app n'est pas forcément celle qu'on imaginait au départ.

Là où on n'est pas d'accord avec les premiers résultats {#desaccord}

On a lu ce qui se positionne aujourd'hui sur cette requête. La majorité des pages déroulent la même liste : fidélisation, notoriété, canal marketing direct, image moderne, « se démarquer de la concurrence ». Certaines citent encore des chiffres de l'App Store de 2017. D'autres alignent dix avantages sans un seul euro ni une seule contrepartie.

Petit détail qui en dit long : la requête pèse environ 170 recherches par mois en France, pour une difficulté de 12 % selon Semrush. Peu de monde. Mais des gens qui sont déjà en train de décider, et qui méritent mieux qu'une liste à puces recopiée d'un site à l'autre depuis cinq ans.

On va pas se mentir, ces listes ne sont pas fausses. Elles sont juste inutiles pour décider.

Trois choses y manquent presque partout :

  • La distinction client / équipe. Elle change tout, on vient de le voir, et elle est quasi absente.
  • Le refus des stores. Apple refuse les applications qui se contentent d'emballer un site web (c'est la règle 4.2 de ses consignes d'examen, dite de « fonctionnalité minimale »). Si votre projet, c'est « mon site, mais dans une icône », il peut tout simplement ne jamais être publié. Apple annonce boucler 90 % des examens en moins de 24 heures, d'ailleurs, donc la réponse tombe vite. Le refus aussi.
  • Le coût de la deuxième année. Personne n'en parle parce que ça ne fait pas vendre. On y revient plus bas, avec le détail.

Perso, je trouve qu'un article qui vous liste dix bénéfices sans vous dire dans quel cas ne pas faire d'application vous rend un mauvais service. Une app inutile, c'est pas une petite erreur : c'est plusieurs dizaines de milliers d'euros immobilisés dans un outil que personne n'ouvre.

Le budget d'une app, décomposé en jours de travail {#jours}

Un devis d'application qui tient en une ligne ne veut rien dire. Rien. Ce qu'on achète, ce sont des jours de travail. Décomposer permet de comprendre pourquoi deux devis du simple au double peuvent être honnêtes tous les deux.

Voilà comment se répartit, d'expérience, une app métier simple (connexion, liste d'interventions, formulaire avec photos et signature, synchronisation avec le bureau) :

Étape Jours de travail Ce qui fait déraper
Cadrage et ateliers avec les équipes 4 à 6 jours Le dirigeant décide seul, sans les techniciens
Maquettes et parcours 6 à 10 jours Les écrans changent après validation
Développement de l'application 30 à 45 jours Le mode hors connexion, découvert en cours de route
Connexion avec vos outils (CRM, facturation) 5 à 10 jours Un logiciel existant sans accès ouvert
Tests sur vrais téléphones et corrections 5 à 8 jours Tester uniquement au bureau, en wifi
Publication et accompagnement au démarrage 2 à 4 jours Un refus du store à la première soumission

Ensuite, on multiplie par le tarif journalier du profil choisi. Sur la place parisienne, la grille qu'on utilise donne un tarif journalier de 300 à 380 € HT pour un développeur mobile junior, 400 à 670 € HT pour un développeur mobile confirmé, et 500 à 900 € HT pour un studio mobile parisien intégré (qui apporte aussi le design, les tests et le chef de projet).

Résultat : une app métier de ce type se situe dans la fourchette de 28 000 à 60 000 € HT. Une app vitrine ou catalogue connecté, plus légère côté logique, tourne entre 10 000 et 40 000 € HT. Une plateforme communautaire, une marketplace ou un service en temps réel démarre à 65 000 € HT et peut grimper à 180 000 € HT.

Franchement, la ligne qui me fait toujours tiquer dans un devis, c'est le mode hors connexion « inclus » sans jours associés. Un technicien dans une cave à Montreuil n'a pas de réseau. Si l'app plante sans 4G, elle sera abandonnée en deux semaines. Ce point-là, à lui seul, peut ajouter 8 à 12 jours.

Un devis d'application entre les mains et aucune idée de s'il est juste ?

Envoyez-le-nous. On le relit ligne par ligne, on vous signale les jours qui manquent et ceux qui sont de trop. Gratuit, réponse sous 48 h.

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Native, PWA ou logiciel du marché : trois chemins très différents {#formats}

Bon. Admettons que le test de fréquence soit passé. Il reste à choisir comment construire.

L'application native (une version iOS, une version Android, ou un code commun qui produit les deux) donne accès à tout le téléphone : appareil photo, GPS, notifications fiables, fonctionnement hors ligne solide. C'est le choix logique pour une app métier exigeante.

La PWA (application web progressive) est un site qui s'installe sur l'écran d'accueil et se comporte presque comme une app. Pas de store. Pas de commission. Une seule base de code. Ses limites existent, surtout sur iPhone où certaines fonctions arrivent tard ou partiellement. Mais pour une carte de fidélité, une prise de rendez-vous ou un catalogue, c'est souvent largement suffisant. Et ça coûte une fraction du prix.

Et puis il y a l'option que les prestataires mentionnent rarement, en fait : le logiciel du marché. Pour la gestion d'interventions, les devis sur chantier ou le suivi commercial, des éditeurs proposent déjà des applis sur abonnement, testées par des milliers d'entreprises. Avant de faire développer une app terrain sur mesure, regardez ce qui existe, par exemple du côté d'un logiciel CRM pensé pour le BTP ou d'un CRM adapté aux TPE. Le sur-mesure ne se justifie que si votre façon de travailler est vraiment spécifique, ou si l'abonnement multiplié par vos utilisateurs finit par dépasser le coût d'un outil à vous.

La règle qu'on applique : on part du plus simple, et on monte seulement quand le plus simple bloque. PWA d'abord, logiciel du marché ensuite, natif sur mesure en dernier. Ça évite de payer une Formule 1 pour aller chercher le pain.

Après la mise en ligne, le vrai chantier commence {#apres}

C'est là que la plupart des projets meurent. Discrètement.

Une application n'est jamais finie. Les systèmes bougent sous elle. Apple sort une version majeure d'iOS chaque mois de septembre, et chaque année un écran ou une autorisation se comporte un peu différemment. Côté Android, Google Play impose aux applications de viser une version récente du système : une app qu'on ne met pas à jour finit par ne plus pouvoir publier de correctif, puis par disparaître des résultats du store pour les nouveaux téléphones.

À ça s'ajoutent des frais fixes que personne ne mentionne au moment de la vente :

  • Le compte développeur Apple : 99 € par an, sans lequel l'app disparaît de l'App Store.
  • Le compte Google Play : des frais d'inscription uniques de 25 $.
  • La commission des stores sur les achats faits dans l'app : 15 % pour les petites entreprises qui réalisent moins d'un million de dollars de revenus annuels sur la plateforme, via les programmes dédiés d'Apple et de Google.
  • Les jours de maintenance : quelques jours de développeur par an au strict minimum, juste pour suivre les mises à jour, avant toute nouvelle fonctionnalité.

Et il y a la question qui fâche. À qui appartiennent le code, le compte Apple, le compte Google ? Ça me rend dingue de voir des applis publiées sous le compte développeur du prestataire. Le jour où vous changez d'agence — ça arrive, même aux meilleures relations — vous découvrez que « votre » application ne vous appartient pas vraiment. Exigez donc par écrit, dès le devis et pas au moment de la livraison, que les comptes stores soient ouverts à votre nom, que le code source soit livré dans un dépôt qui vous appartient et qu'une documentation permette à n'importe quel autre développeur de reprendre le projet sans tout réécrire.

Pas négociable.

Questions fréquentes sur les applications mobiles pour entreprises {#faq}

Une petite entreprise a-t-elle vraiment besoin d'une application mobile ?

Rarement pour ses clients, parfois pour ses équipes. Une TPE dont les clients achètent une ou deux fois par an sera mieux servie par un site mobile rapide. Une TPE avec plusieurs personnes sur le terrain peut gagner des heures chaque semaine avec une app métier ou un logiciel du marché.

Combien de temps faut-il pour développer une application d'entreprise ?

Pour une app métier simple, comptez en général entre 2 et 4 mois entre le premier atelier et la publication, selon la disponibilité de vos équipes pour les validations. Le développement n'est qu'une partie du calendrier : les allers-retours sur les maquettes et l'examen par les stores prennent aussi du temps.

Quelle différence entre une application native et une PWA ?

L'application native s'installe depuis l'App Store ou Google Play et exploite pleinement le téléphone. La PWA est un site web installable, sans passage par les stores, moins chère à produire mais plus limitée, notamment sur iPhone.

Peut-on créer une application d'entreprise sans développeur ?

Oui, avec des outils sans code, pour un usage interne simple : formulaires, listes, suivi de tâches. Dès qu'il faut un vrai mode hors ligne, une connexion à votre logiciel de facturation ou une publication soignée sur les stores, un développeur redevient nécessaire.

Une application mobile améliore-t-elle le référencement de mon entreprise ?

Pas directement. Une app n'est pas une page web, elle n'apparaît pas dans les résultats de recherche comme votre site. Pour être trouvé à Paris ou en Île-de-France, le site et la fiche d'établissement restent prioritaires. L'app sert surtout à garder les clients que vous avez déjà.

Faut-il publier une application interne sur les stores publics ?

Non, pas forcément. Apple et Google proposent des modes de distribution privée pour les applications réservées à vos salariés. L'app reste invisible du public et seuls vos appareils autorisés peuvent l'installer.

Comment savoir si mon application est utilisée ?

Regardez le nombre d'utilisateurs actifs par mois, pas le nombre de téléchargements. Un téléchargement ne prouve rien. Pour une app métier, l'indicateur le plus parlant reste le nombre de bons ou de formulaires réellement saisis dans l'app plutôt que sur papier.

Le calcul à faire ce soir, avant de demander le moindre devis {#decision}

Prenez une feuille. Trois lignes.

Ligne 1 : la fréquence. Combien de fois par mois la personne visée (client ou salarié) ouvrirait l'application ? Si la réponse honnête est « moins d'une fois », arrêtez-vous là et investissez dans votre site. Pour bien choisir le prestataire, notre guide pour choisir une agence de création de site web fera bien plus pour votre chiffre d'affaires.

Ligne 2 : la valeur d'une utilisation. Pour une app d'équipe, c'est le temps gagné multiplié par le coût horaire chargé. Reprenez le chauffagiste de l'Essonne : cinq heures de ressaisie par jour, sur environ 220 jours ouvrés, ça fait 1 100 heures par an. Sur 3 ans ? 3 300 heures. Énorme. Pour une app client, c'est la marge sur les commandes supplémentaires qu'elle génère vraiment, pas celles que vous auriez eues de toute façon.

Ligne 3 : le coût sur trois ans. Le développement, plus les comptes stores, plus les jours de maintenance annuels, multipliés par trois. Pas seulement le chèque de départ.

Si la ligne 2 sur trois ans ne dépasse pas nettement la ligne 3, le projet n'est pas mûr. Et ce n'est pas un échec : c'est une décision qui vous évite d'immobiliser de l'argent dans un outil fantôme. Si elle la dépasse largement, là, oui, on peut parler sérieusement d'application.

Bref, la bonne question n'a jamais été « faut-il une app ? ». C'est « qui va s'en servir lundi matin ? ».

Du coup, si vous voulez faire ce calcul à deux plutôt que seul devant votre feuille, c'est exactement le genre d'échange qu'on mène chez Minyzia Agency avec des entreprises de Paris, de la petite couronne et de toute la France.

Votre feuille à trois lignes, on la remplit ensemble ?

Fréquence, valeur, coût sur trois ans : on chiffre votre cas réel et on vous dit si une application vaut le coup, ou ce qu'il faut faire à la place. Sans engagement.

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